AFP - Syrie : affrontement meurtriers à DeraaDAMAS (AFP) - 08/04/2011 - 20:03
Des affrontements sanglants ont eu lieu vendredi à Deraa, dans le sud de la Syrie, et dans la ville industrielle de Homs, tandis qu’une dizaine de milliers de personnes manifestaient dans d’autres cités du pays.
A Deraa, ville située à 100 km au sud de Damas et épicentre du mouvement de contestation depuis trois semaines, les versions et les bilans diffèrent entre les militants des droits de l’Homme et les autorités. Vingt-deux personnes ont été tuées dans trois villes syriennes, a affirmé à l’AFP Ammar Qourabi, président de l’Organisation nationale des droits de l’homme. "Nous avons la liste nominative de 17 manifestants tués à Deraa et nous avons été informés de la mort de deux manifestants à Homs et de trois autres à Harasta", une localité à 12 km au nord de Damas, a dit M. Qourabi joint par téléphone au Caire, où il est basé. Dix-neuf membres des forces de l’ordre ont été tués et 75 blessés par des tirs de "groupes armés" à Deraa, à 100 km au sud de Damas, a affirmé de son coté l’agence officielle syrienne Sana. "Selon une source au sein du ministère de l’Intérieur, il y a 19 martyrs parmi la police et les forces de sécurité et 75 blessés par des groupes armés qui ont tiré sur eux à balles réelles à Deraa", affirme l’agence. Selon l’agence Sana, "la télévision syrienne a montré en direct des images d’hommes armés ouvrant le feu sur la foule, les policiers et les forces de sécurité dans la ville de Deraa alors que les fidèles, après la prière du vendredi, se dirigeaient pour se rassembler dans le centre de la ville". Il y a eu aussi des blessés lors d’affrontements entre manifestants et forces de sécurité à Homs (160 km au nord de Damas), a indiqué à l’AFP Abdel Karim Rihaoui, qui dirige la Ligue syrienne de défense des droits de l’Homme. Jeudi, le gouverneur de Homs, Mohammad Iyad Ghazal, avait été limogé. Des accrochages ont également eu lieu à Harasta (12 km au nord de Damas), selon lui. Dans le nord, près de 7.000 personnes ont manifesté dans des localités à majorité kurde, notamment Qashmili, Amouda et Hassaké, réclamant l’abolition de la loi d’urgence et la libération de détenus, a affirmé à l’AFP Radif Moustapha, président du comité kurde pour les droits de l’Homme. Ces manifestations ont lieu au lendemain d’un décret du chef de l’Etat Bachar al-Assad naturalisant des dizaines de milliers de Kurdes. Plusieurs milliers de personnes ont également manifesté dans la ville portuaire de Banias et un millier à Tal, à 20 km au nord de Damas, a indiqué M. Rihaoui. A Douma (15 km au nord de Damas), des comités d’habitants vérifiaient les identités des manifestants et s’assuraient qu’ils ne portaient pas d’armes, a affirmé un responsable d’une organisation des droits de l’Homme faisant état d’un accord avec les autorités pour que ceux-ci puissent manifester sans l’intervention des forces de sécurité. Selon Human Rights Watch, "au moins huit manifestants" ont été tués vendredi dernier à Douma, "lorsque des hommes vêtus en civil ont ouvert le feu sur un rassemblement anti-gouvernemental". "Les auteurs des tirs semblent être des membres des forces de sécurité car ils se tenaient avec leurs armes derrière la police anti-émeutes", selon un protestataire. Les autorités avaient rejeté la responsabilité sur des "bandes armées". La Syrie est le théâtre depuis la mi-mars d’un mouvement de contestation sans précédent du régime de Bachar al-Assad. Plus d’une centaine de personnes ont été tuées dans la répression des manifestations et des dizaines d’autres ont été arrêtées à travers le pays, selon des organisations de défense des droits de l’Homme. Le président du comité de défense des droits de l’homme en Syrie (CDDH), Aktham Nayssé, a lancé un appel sur la chaîne Al-Jazira "pour un dialogue avec les autorités". "Il s’agit d’une crise politique, qui ne peut être réglée par les armes mais par le dialogue politique", a-t-il dit de Lattaquieh. "Le peuple ne demande pas seulement de manger à sa faim, mais aussi de participer" à la vie politique, a indiqué pour sa part l’opposant et écrivain Ahmad al Hajj Ali à Damas. TAGS: Assyriens Minorité religieuse Minorité Nationale Peuple autochtone Droits de l’Homme ADO - Mtakasta Peuple Assyrien Syrie Deraa Révolution syrienne Réformes Politique Chrétiens de Syrie
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