L’Irak : la citoyenneté d’abord (Fr)


(ar)
L’effrayant déploiement militaire dans la région du Proche-Orient, la mobilisation pacifique manifestée par les opinions publiques dans la plupart des capitales et villes de par le monde et le ballet diplomatique discordant rythmé par les tambours de guerre et les cloches de paix, démontrent indubitablement et d’une manière évidente que cette région est à la veille d’une grande mutation. Ce changement crucial qui débute par l’Irak va s’étendre, sans doute, aux autres pays de la région.


Une ambiguïté et des brouillards épais entourent les projets et plans qui se préparent actuellement quant à l’avenir de cette région.

En revanche, de l’analyse politique de la situation des Etats du Proche-Orient depuis leurs instaurations, se dégagent des paramètres définis par les facteurs géopolitique et idéologique, confirmant :


- La réalité historique et sociologique des pluralités ethniques, linguistiques et religieuses constituant la mosaïque des citoyens des Etats de cette région.


- L’échec de projets basés sur la notion d’« Etat-Nation » et par conséquent, de toutes les idéologies telles que : le touranisme turc, le panarabisme, le croissant fertile, la grande Israël de l’Euphrate au Nil, le Kurdistan ….ces idées rétrogrades sont en train de disparaître.

- La longévité et l’interférence de la Géographie et de l’Histoire des peuples de cette région caractérisent l’ensemble des conflits actuels et futurs : l’eau, le pétrole, les frontières, les réfugiés, les enjeux de l’équilibre stratégique régional et international, les aspirations des citoyens de cette région à la liberté, à la démocratie et à la reconnaissance de leurs particularismes … rendent minimes les chances de succès, à moyen et long termes, de toute initiative de solution à une de ces crises si elle ne prend pas en considération l’ensemble des réalités du Proche-Orient.

En effet, l’histoire moderne offre de nombreux exemples qui méritent réflexion : la solution de ces conflits ne réside ni dans une politique d’oppression, de déportation ou d’anéantissement, ni dans les tentatives des composantes nationales dominantes d’assimiler de force les minorités. Faute de solution pacifique satisfaisante, ils débouchent souvent sur une exigence de sécession, voire de décomposition, porteuse d’instabilité et donc d’affrontements en chaîne.
Jusqu’à présent, ces attitudes ont plongé la région dans un tourbillon de fondamentalismes religieux et de fanatismes nationalistes, menant à plus de misère, de sous-développement et de terrorismes barbares mettant en péril le processus de stabilité régionale et internationale ébranlé déjà par le « nouvel ordre mondial » : de la politique de deux poids deux mesures à la globalisation, de la stratégie du containment à la politique d’intervention préventive. Il est à craindre, aussi et malheureusement, que le discours sur la démocratie et les droits de l’homme ne soit plus qu’un prétexte à l’extension du pouvoir politique et économique !!

L’ Assyrian Democratic Organization (ADO) considère que le rétablissement de la paix et de la stabilité au Proche – Orient ainsi que le règlement pacifique de la crise irakienne dépendent de ces trois principes fondamentaux :


-  Le maintien de l’intégrité territoriale de l’Irak et de sa souveraineté.

-  La construction démocratique, pluraliste et séculière d’un Irak, dont le socle est la citoyenneté de toutes ses composantes nationales (arabe, kurde, assyrienne, turkmène …).

-  L’application de toutes les résolutions de l’ONU concernant la paix et la sécurité de cette région.

Se basant sur ces trois principes, l’ADO soutient la tenue d’une conférence internationale sous l’égide de l’ONU avec la participation des quinze membres du Conseil de Sécurité et des Etats voisins de l’Irak. Toutes les partie et forces irakiennes y présenteront leurs projets et propositions relatives à la nature de l’Etat et à la forme démocratique qui garantit les droits et devoirs de citoyenneté à tous les Irakiens et Irakiennes (centralisme, fédéralisme, décentralisation, monarchie constitutionnelle, régime républicain ….). Une commission issue de cette conférence et composée d’experts irakiens et étrangers étudiera tous les projets et formulera des recommandations à présenter aux citoyens irakiens lors d’une période de transition, limitée par l’ONU, durant laquelle la société civile débattra de tous ces projets lors d’une large campagne d’informations. Un referendum sur le choix des citoyens sera organisé sous le contrôle des inspecteurs de l’ONU.

La participation de toutes les composantes nationales de l’Irak à l’action commune, constitue sans doute un modèle riche de potentialités pour l’avenir de cette région du Proche - Orient.
La reconnaissance de l’existence nationale de chaque minorité et de ses droits légitimes ne signifie pas diviser la société ou faire obstacle aux intérêts communs de ces "Etats-Espaces", dimension transcendante d’Etat–Nation, mais au contraire : contribuer à la suppression des conflits , consolider la confiance en des principes de démocratie, de citoyenneté et de modernités politique, économique et sociale de tous les peuples et toutes les nationalités de la région, selon des bases stables de dialogue, de compréhension et de respect mutuel afin de renforcer l’édifice des unités dans la diversité de ces" Etats-Espaces", auquel adhérera la constellation de peuples de cette région.



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