Le général Aoun affirme qu’il est prêt à se rendre en Syrie(AFP / 04 février 2005 11h12) BEYROUTH - Le général libanais anti-syrien Michel Aoun, qui vit en exil à Paris, a indiqué qu’il était prêt à se rendre en Syrie pour rencontrer la direction de ce pays, dans une interview diffusée vendredi par la chaîne satellitaire libanaise LBCI. "Je suis prêt à me rendre en Syrie pour y rencontrer le président syrien" Bachar Al-Assad, "mais cela ne veut pas dire que je suis prêt à me départir des principes pour lesquels je lutte, à savoir l’indépendance et la souveraineté du Liban et pour lesquels je subis l’exil depuis 15 ans", déclare M. Aoun dans cet entretien. M. Aoun soutient la résolution 1559 adoptée en septembre 2004 par le Conseil de sécurité de l’Onu et qui exige le retrait des troupes syriennes stationnées au Liban ainsi que la fin de l’ingérence de Damas dans les affaires intérieures de son petit voisin. Il a toutefois ajouté qu’il souhaitait les "meilleures relations possibles" avec la Syrie "après son retrait du Liban" et qu’il état "prêt à aider la Syrie" a appliquer la résolution 1559. "Nous voulons convaincre la Syrie de se plier à la résolution 1559, car dans le cas contraire les pressions sur Damas vont augmenter et une déstabilisation de la Syrie n’est pas dans l’intérêt du Liban", a-t-il dit. Un émissaire du général Aoun, David Issa, de nationalité américano-libanaise a été récemment reçu par les autorités syriennes. Dans une première partie de cet entretien diffusé la veille sur LBC, maison mère de LBCI, M. Aoun avait estimé que la justice libanaise devait revenir sur sa décision de le convoquer, estimant que l’action intentée contre lui était "politique". Le général Aoun avait annoncé fin janvier qu’il entendait retourner au Liban "avant les élections" législatives du printemps. Le Premier ministre libanais Omar Karamé a jugé qu’il était de son droit de regagner son pays et qu’il y serait bien accueilli, mais, dans un revirement soudain, le ministre de la Justice, Adnane Addoum, a ensuite déclaré que, d’un point de vue légal, M. Aoun devait se présenter devant la justice en accusé s’il revient au Liban, à défaut d’une mesure de grâce gouvernementale. Le général Aoun présidait un gouvernement de militaires chrétiens avant d’être évincé en 1990 lors d’une offensive syro-libanaise. Agé de 70 ans, il est convoqué le 8 février devant la justice libanaise pour répondre du chef d’accusation d’"atteinte aux relations du Liban avec un pays ami" et d’"incitation à des troubles confessionnels", après avoir soutenu une loi américaine imposant des sanctions à la Syrie. G
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